shiatsu, Do-In et détente au fil des saisons

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Futon, tatami et kimono de coton : les objets du toucher japonais

Pour comprendre le shiatsu ou le Do-In, il faut regarder le sol d'une maison japonaise. On y dort, on s'y assoit, on y reçoit. Trois objets racontent cette vie à hauteur de tatami : le futon, la natte et le kimono de coton.

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Chambre japonaise dans la pénombre, futons dépliés sur les tatamis près d'une fenêtre à panneaux de papier
Le matin, dans une auberge : les futons attendent d'être pliés et rangés dans le placard.

Dans une auberge traditionnelle japonaise, le ryokan, la chambre est presque vide quand on arrive : une table basse, deux coussins, des tatamis. Le soir, pendant le dîner, quelqu'un vient dérouler les futons à même le sol. Le lendemain, ils disparaissent dans un placard et la pièce redevient un salon. Cette souplesse dit beaucoup de la manière japonaise d'habiter.

Le tatami, un sol que l'on touche

Le tatami est une natte épaisse : une âme autrefois faite de paille de riz pressée, recouverte d'un tressage de jonc, l'igusa, et bordée d'une bande de tissu. Ses dimensions, environ deux fois plus long que large, servent encore à mesurer les pièces : on parle d'une chambre de six ou de huit tatamis. L'article de Wikipédia sur le tatami détaille ces formats, qui varient selon les régions.

Gros plan sur des tatamis en jonc tressé, séparés par une bande de tissu bleu à motifs
Le jonc tressé et sa bordure de tissu : on ne marche jamais sur un tatami avec des chaussures.

On ne marche sur un tatami qu'en chaussettes ou pieds nus, et l'on évite de poser le pied sur la bordure. Le jonc est un peu souple, frais en été, et sent l'herbe sèche quand il est neuf.

Le futon, déroulé chaque soir

Le futon japonais n'a rien à voir avec le canapé-lit vendu sous ce nom en Europe. C'est un matelas mince et ferme, le shikibuton, posé directement sur le tatami, avec par-dessus une couette, le kakebuton. Le matin, on le plie ; par beau temps, on l'étend au soleil sur le balcon et on le tape pour l'aérer.

Le Metropolitan Museum conserve une housse de futon en coton teint à l'indigo, décorée d'une grue, d'une tortue, d'un pin, d'un prunier et de bambous, autant de motifs de bon augure. C'est sur un matelas ferme de ce genre, posé au sol, que se pratique le plus souvent le shiatsu : la personne qui donne la pression s'agenouille à côté et s'aide du poids de son corps. Nous racontons cette histoire dans l'article sur le mot shiatsu et son geste.

Le kimono de coton, ou yukata

Le yukata est un kimono léger, en coton, sans doublure. Son nom vient d'un vêtement que l'on portait autrefois pour le bain. Aujourd'hui, on l'enfile après le bain dans les auberges et les stations thermales, et on le porte dehors l'été, pour les fêtes de quartier et les feux d'artifice.

Deux personnes en yukata, vues de dos, marchant dans une rue pavée bordée de maisons de bois
Un soir d'été, en yukata : le coton laisse passer l'air et le pas se fait plus lent.

Le coton fin, la ceinture nouée sans serrer, les sandales de bois : tout invite à ralentir. C'est aussi une tenue commode pour les gestes au sol, et l'on retrouve la même logique en hiver, avec des vestes matelassées, autour du kotatsu et du bain du soir.

Vivre plus près du sol, chez soi

Sans transformer son appartement, on peut emprunter quelques habitudes : un tapis épais ou une natte pour s'asseoir, des vêtements de coton souples pour les gestes du soir, un coussin ferme pour s'asseoir en tailleur. Le reste suit : on s'assoit plus bas, on bouge plus lentement, et le sol redevient une pièce à vivre.