shiatsu, Do-In et détente au fil des saisons

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Le Do-In, l'automassage japonais du matin en six gestes

Avant le café, avant les messages, cinq minutes assis au bord du lit. Le Do-In est une façon très ancienne de se réveiller par les mains : on tapote, on frotte, on s'étire, sans matériel et sans forcer.

· 4 min de lecture

Deux mains qui se frottent l'une contre l'autre, sur fond sombre
Tout commence par là : frotter ses paumes jusqu'à ce qu'elles chauffent.

Le réveil vient de sonner, la maison est encore silencieuse. On s'assoit, les pieds bien à plat, et on frotte ses paumes l'une contre l'autre jusqu'à sentir la chaleur monter. C'est le premier geste du Do-In, et il donne le ton : rien de compliqué, seulement de l'attention portée à son propre corps, du sommet du crâne jusqu'aux pieds.

Un mot venu de Chine

« Do-In » est la lecture japonaise de deux caractères chinois, prononcés daoyin en Chine, que l'on traduit souvent par « guider et étirer ». Le mot désigne un ensemble d'exercices très anciens où l'on associe mouvements lents, respiration et automassage. Des manuels illustrés en ont fixé les postures au fil des siècles.

L'un d'eux, le Jinshen jiyao, publié en 1593 sous la dynastie Ming et conservé aujourd'hui à la Wellcome Collection de Londres, décrit trente-six postures réparties en trois séries aux noms imagés : le Brocart du dragon, le Brocart du tigre et leur rencontre. Les petites gravures ci-dessous en sont tirées. Quatre siècles plus tard, les gestes qu'elles montrent ressemblent beaucoup à ceux que l'on pratique encore au réveil.

  1. Gravure chinoise de 1593 : homme assis en tailleur, les mains posées sur les tempes
    1. Le crâne et les tempes
  2. Gravure chinoise de 1593 : homme assis, une main portée au visage
    2. Le visage
  3. Gravure chinoise de 1593 : homme assis, chaque main posée sur l'épaule opposée
    3. Les épaules
  4. Gravure chinoise de 1593 : homme assis sur une natte ronde, les mains sur le ventre
    4. Le ventre
  5. Gravure chinoise de 1593 : homme assis, les bras levés, mains jointes au-dessus de la tête
    5. Les bras vers le ciel
  6. Gravure chinoise de 1593 : homme vu de dos, jambes écartées, les mains vers les pieds
    6. Les jambes

Six postures du Jinshen jiyao, manuel chinois de daoyin publié en 1593 (Wellcome Collection). Les gestes d'aujourd'hui n'ont presque pas changé.

Nous n'en reprenons pas les noms poétiques ni les intentions de l'époque, seulement l'enchaînement, du haut vers le bas du corps.

Les six gestes, dans l'ordre

Asseyez-vous sur une chaise ou au bord du lit, le dos droit sans raideur. Respirez par le nez, tranquillement. Chaque geste dure une trentaine de secondes ; l'ensemble tient en cinq minutes.

  1. Le crâne. Du bout des doigts, tapotez légèrement tout le dessus de la tête, comme une pluie fine, puis massez les tempes en petits cercles.
  2. Le visage. Paumes chaudes posées sur les yeux fermés quelques secondes, puis lissez le front, les joues et le tour des oreilles, du centre vers l'extérieur.
  3. Les épaules. Main droite sur l'épaule gauche, pétrissez le haut du bras et la base du cou, puis changez de côté. Terminez en laissant tomber les épaules sur une expiration.
  4. Le ventre. Les deux mains à plat sur le ventre, dessinez de grands cercles lents dans le sens des aiguilles d'une montre, en suivant le rythme du souffle.
  5. Les bras. Croisez les doigts, retournez les paumes vers le plafond et poussez vers le haut en inspirant. Relâchez en expirant. Trois fois.
  6. Les jambes. Assis, jambes allongées ou légèrement écartées, glissez les mains le long des cuisses vers les chevilles sans chercher à toucher les pieds. Remontez en frottant.
Silhouette vue de dos, bras croisés au-dessus de la tête devant une fenêtre voilée
Le cinquième geste : pousser le ciel, puis tout relâcher.

Pour finir, on frotte encore une fois ses paumes et on les pose quelques secondes sur le visage. La séquence est terminée.

Trois repères pour bien faire

Le Do-In se fait sans forcer : la pression est celle que l'on accepterait sur le dos de sa main. Si un geste est désagréable, on le laisse de côté. Une personne qui a une question particulière sur sa santé, ou qui attend un enfant, en parle d'abord à son médecin.

On garde la même lenteur du début à la fin. Le geste suit la respiration, et non l'inverse : une main qui se presse coupe le souffle, une main qui ralentit l'apaise.

Enfin, on cherche la régularité plutôt que la durée. Cinq minutes chaque matin comptent davantage qu'une longue séance le dimanche. Beaucoup de personnes associent ces gestes à un moment fixe : la bouilloire qui chauffe, la fenêtre que l'on ouvre.

Et le reste de la journée

Le même principe se décline à toute heure. Le soir, on reprend les gestes du ventre et des épaules, plus lents encore, dans un petit rituel du soir pour se détendre. Au bureau, on peut se contenter des mains : frotter ses paumes et masser ses doigts entre deux tâches suffit à faire une vraie pause.

Certains manuels anciens associaient aussi un exercice à chaque période de l'année. Cette idée d'accorder ses gestes au temps qu'il fait se retrouve dans le calendrier japonais des micro-saisons, qui découpe l'année en périodes de cinq jours.

Demain matin, essayez simplement le premier geste : les mains qui se frottent, la chaleur posée sur les yeux. Le reste viendra.